Notre test du jeu Silent Hill : Downpour

SILENT HILL : DOWNPOUR

Jaquette du jeu Silent Hill : Downpour

Paru | 29 Mars 2012

Genre : Survival-horror
Éditeur : Konami
Développeur : Vatra
Multijoueurs hors ligne : Information inconnue
Multijoueurs en ligne : Information inconnue

Compatible PlayStation Move : Non
Compatible 3D : Non

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Miniature du jeu Silent Hill : DownpourLe survival horror a connu ses heures de gloire avec deux grandes séries japonaises que sont Resident Evil et Silent Hill. Alors que le premier a décidé de céder aux sirènes du grand spectacle en devenant un jeu d’action, le second lui, a oscillé entre différents courants au gré de la succession de ses développeurs occidentaux. Avec Downpour, le jeune studio Vatra essaye de retrouver l’essence de la saga : le survival horror est de retour !

Quand on parle de Silent Hill, la plupart des joueurs ont tendance à penser aux premiers épisodes de la saga. Ceux qui ont créé le mythe et qui n’ont pas été égalés depuis. Il faut bien avouer que, depuis, la série a connu des heures bien sombres, que ce soit avec The Room qui avait essayé de coller un nouveau concept sur la série ou encore Homecoming et Shattered Memories qui tentaient d’occidentaliser la saga (tout en lui donnant une approche plus action). Comment Vatra, jeune studio tchèque, pouvait-il redresser la barre ?


La loi de Murphy

Silent Hill : Downpour vous met dans la peau de Murphy Pendleton, un prisonnier, père de famille, au passé plus qu’obscur, qui se retrouve libre suite à l’accident du bus servant à son transfert. Le hasard faisant bien les choses, l’accident de Murphy a lieu tout près d’une ville dans laquelle il va errer, Silent Hill. Notre prisonnier échange donc sa prison physique pour une autre, mentale cette fois, dans laquelle il devra faire face à son passé, sa souffrance et ses erreurs. À travers sa fuite de Silent Hill et des forces de l’ordre, Murphy se lance, bien malgré lui, dans une quête de vérité qui l’obligera à se souvenir de moments peu glorieux de son passé et qui permettent aux joueurs de découvrir au fur et à mesure le personnage qu’ils incarnent. On notera d’ailleurs que Murphy Pendleton fait beaucoup penser au héros de Silent Hill 2, James Sunderland. Tous deux sont des êtres torturés et ayant un passé émotionnel très marqué.

Et le voyage de Murphy l’amènera à visiter des lieux moins habituels pour la série telle qu’une forêt, une grotte et bien d’autres encore. Lors de son périple, notre héros rencontrera son lot de personnages énigmatiques, bien que ces derniers n’offrent pas un caractère aussi marqué ou un lien aussi direct avec la ville que ceux rencontrés dans les précédents épisodes. Ces personnages que vous rencontrez seront l’occasion de faire des choix moraux. Et bien que les conséquences n’entraînent pas, sur l’instant, des conséquences si différentes, elles auront un rôle crucial quant à la fin qu‘obtient le joueur.


Même si l’intrigue de cet opus est un peu prévisible, son aspect très narratif ne sera pas sans rappeler les premiers épisodes de la série et la qualité d’écriture, que ce soit des dialogues ou des différents documents que le joueur pourra découvrir en ville, donnent toujours envie d’en découvrir plus sur ce purgatoire urbain. On regrettera que l’histoire mette autant de temps à se lancer, mais le joueur ayant laissé sa chance au jeu se rendra compte une fois en ville que l’immersion devient totale. Rarement, nous aurons eu l’occasion d’aussi bien visiter cette « paisible » ville. Vatra nous montre à plusieurs reprises son amour de la licence en faisant des références à tous les épisodes de la saga, que ce soit en réutilisant des musiques des anciens Silent Hill, des objets, ou en nous faisant traverser des lieux déjà connus. Sans tomber dans le fan service absolu, les tchèques arrivent toujours à bien mélanger le tout afin de susciter notre curiosité et notre nostalgie avec la même ferveur.

It’s the Bogeyman !

Manette en main, Silent Hill nous rappelle très vite ce qu’est un vrai survival horror. Le connaisseur du genre retrouvera donc ce mélange si particulier d’exploration, d'énigmes et de combat. Bien que plus simple à prendre en main que les premiers épisodes, Murphy reste quand même assez rigide par rapport à ce que l’on peut rencontrer dans d’autres jeux. Rien de très gênant en soi, et qui nous évitent sûrement de nous retrouver avec des contrôles trop typés action.

Le jeu propose une structure assez originale, alternant entre phases dirigistes et phases ouvertes. La phase ouverte est, bien sûr, l’exploration des rues de la ville, ainsi que celle de nombreux bâtiments. Ces phases seront l’occasion pour effectuer de nombreuses missions secondaires, qui pousseront le joueur à s’enfoncer toujours plus profond dans la ville, à effectuer de nombreux aller-retour ainsi qu’à s’activer les méninges. Ainsi, le joueur devra libérer des oiseaux bleus, trouver différents symboles ésotériques dessinés sur les murs de la ville ou encore retrouver la trace d’une petite fille perdue… De quoi rallonger la durée du séjour à Silent Hill, mais c’est surtout pour leur qualité d’écriture que le joueur en demandera encore afin d’en savoir plus sur ses destins brisés par la ville elle-même.


Les phases fermées seront souvent liées à des moments clés du scénario et se comportent à la manière d’un donjon. C’est d’ailleurs à cette occasion que le joueur aura l’occasion de découvrir le monde altéré, si cher à la série des Silent Hill. Bien qu’ils reprennent de nombreux codes issus des autres épisodes, comme une ambiance assez étouffante voir malsaine, l’univers parallèle est ici sous-exploité, très souvent moyen et bien moins intéressant. Cependant, certains effets visuels bien trouvés arriveront à sauver le coup et cette mise au second plan du monde altéré n’en rend le monde « réel » que plus effrayant encore.

Les énigmes sont aussi présentes tout au long de l’histoire principale et dans l’ensemble, même si elles sont plus simples que ceux à quoi nous avait habitué la Silent Team, elles réservent leur doses de difficulté. On notera aussi l’ajout d’une seconde lampe torche, une lampe à UV qui éclaire moins bien que la lampe torche d’origine, mais qui permettra de révéler bon nombre d’indices.
Les références aux autres épisodes de Silent Hill ne se limitent pas uniquement au scénario, puisque les développeurs de chez Vatra ont su analyser les précédents épisodes afin d’essayer d’en extraire différents éléments nécessaires à leur opus. Dans le lot, on retrouve l’idée de la course poursuite directement issue de Silent Hill Shattered Memories, qui est toujours une aussi mauvaise idée provoquant plus un sentiment d’ennui que de peur.


L’aspect combat propose lui aussi son lot de références, comme le système d’arme cassable, déjà présent dans les épisodes The Room et Origins. De plus à la manière de Homecoming, les armes pourront aussi servir contre des éléments précis du décor afin de continuer votre progression. Ainsi, une hache vous permettra de briser des planches clouées, tandis qu’une lourde clef anglaise vous permettra de venir à bout des cadenas récalcitrants. Question armes à feu, le choix est lui aussi restreint, pistolet, pistolet à clou et fusil à pompe. Et pour corser le tout, attendez-vous à trouver peu de munitions afin d’éviter toute surpuissance. Et la puissance vous en aurez bien besoin face aux créatures de Silent Hill.

Bien que le bestiaire de cet opus soit assez faible (seulement 5 créatures différentes) et que leur design soit assez moyen, ils n’en restent pas moins un réel danger qu’il vaudra mieux éviter. Et ça d’autant plus que le système de combat est assez faible. En effet, celui-ci vous demande d’alterner attaque et parade de manière assez récurrente. La parade permet bien d’éviter de prendre des coups, mais endommage votre arme, et vous laisse sans défense une fois que celle-ci se casse. Rajoutez à ça des bugs de caméra assez fréquents lors des combats et vous comprendrez qu’il vaut mieux éviter au maximum les confrontations. Bien qu’en grande partie raté, ce système arrive quand même à instaurer un certain sentiment d’insécurité qui n’est pas des plus déplaisants et qui est d’autant plus renforcé par le peu de kits de soin disponibles.

Se rajoute à cela le principe de « Downpour » (pluie diluvienne), qui consiste à ce que, chaque fois qu’il se met à pleuvoir, les monstres soient attirés par vous. Certaines averses peuvent dès lors devenir très stressantes, vous poussant même parfois à vous mettre à l’abri et attendre que la pluie cesse de tomber.

Descente aux enfers

Du point de vue de la réalisation, il faut distinguer d’un côté la direction artistique très réussie et de l’autre une technique très défaillante. Attardons-nous d'abord sur la direction artistique de Downpour. Dès la première heure de jeu, le ton est donné avec l'utilisation de thèmes ultras présents comme l’eau, la chute et la fuite qui seront présentés sous différentes formes. Ensuite, ce qui étonnera le plus est l’abandon des filtres graphiques appliqués directement à l’image si chers à la saga et qui lui donnait son aspect granuleux. Murphy se retrouve souvent plongé dans une obscurité presque totale, uniquement percée par la lumière de sa torche. Le tout ayant pour but de créer un sentiment de solitude et une perte de repères.

De plus, le choix de lieux, tels qu’une forêt dense, renforce encore plus la ressemblance avec Alan Wake de Remedy. On notera aussi un travail poussé sur l’éclairage permettant des jeux de lumière assez artistique, comme ces quelques rayons de lumières arrivant parfois à se frayer une place dans le brouillard ambiant de la ville. On appréciera aussi les clins d’œil effectués par Vatra aux anciens épisodes en utilisant à quelques occasions des caméras fixes aux cadrages rappelant l’époque des premiers Silent Hill. On regrettera cependant que la peur soit plus souvent basée sur l’émotion primaire en elle-même plus que sur le sentiment de malaise que pouvait produire les premiers épisodes.


Cette direction artistique est gâchée par une réalisation technique des plus bancales et assez surprenante pour un jeu en vente. Texture mettant du temps à s’afficher, bugs de scripts, problèmes de caméra lors des combats, on voit que le titre du studio tchèque n’était pas techniquement terminé. Pire, des saccades et des chutes brutales de frame rate (nombre d'images par seconde) interviennent assez fréquemment venant ruiner l’ambiance du titre. Silent Hill : Downpour est l’exemple même du titre qui aurait bénéficié d’avoir un mois de plus de développement afin de corriger tous ces petits soucis.

La colline pas si silencieuse que ça

Après le départ d’Akira Yamaoka, producteur de la série (à partir du 3ème opus), mais aussi compositeur de tous les épisodes précédents, on pouvait craindre pour l’avenir sonore de la série. Mais rassurez-vous Daniel Licht, connu pour son travail sur la série Dexter, s’en sort haut la main en proposant un travail tout aussi poussé, bien que n’allant pas dans la même direction industrielle que Yamaoka. De nombreuses références sont faites à ce dernier par l’intermédiaire des messages radiophoniques, qui rappelleront là aussi Alan Wake. Le reste de l’aspect sonore est aussi d’excellente qualité, avec un excellent choix pour le doublage des différents personnages. De même, le reste du Sound Design est un exemple, en témoigne les averses et orages criants de réalisme.


Le seul reproche qu’on peut vraiment faire à Downpour est le choix de Korn afin d’interpréter le thème principal du jeu. En plus de ne pas correspondre à l’identité du jeu, la chanson est générique au possible, donnant envie qu’elle se termine vite afin de pouvoir entendre les compositions de Licht.

Nous espérons vous revoir très bientôt

Comme dans les anciens épisodes, vous aurez le choix entre trois modes de difficultés différents que ce soit pour les combats, mais aussi pour les énigmes. De quoi paramétrer au mieux sa session de jeu. Voir le bout des aventures de Murphy Pendleton devrait vous prendre entre 8 à 10 heures. Rajoutez à cela les différentes missions secondaires et la présence de cinq fins différentes et vous aurez de quoi prolonger votre séjour à Silent Hill de quelques heures.


     
     
http://www.ultimateps3.fr/images/test/15.png Avec Silent Hill : Downpour, Vatra Studio nous offre un puissant hommage à cette série phare au genre survival horror. Ne faisant pas uniquement dans la nostalgie, il arrive à moderniser certains éléments du jeu, comme l’introduction d’un monde plus ouvert ou encore le subtil mélange des nombreuses quêtes annexes, afin de nous plonger dans une aventure plus émotionnelle et nous faire oublier les erreurs de Homecoming et Shattered Memories. Malgré ses très nombreux défauts techniques, les joueurs qui sauront passer outre découvriront une vraie ambiance et une expérience rare que les Resident Evil et autre jeu d’horreur n’arrivent plus à apporter, cette sensation de malaise et d’insécurité. Vatra semble bien décidé à nous faire peur et nous en redemandons.


Points positifs

Ambiance
Le système de quêtes annexes
Une vraie ballade dans Silent Hill
On a eu peur !

Points négatifs

Les chutes de framerate
Un système de combat raté
Un bestiaire peu convaincant